Le coaching, un accompagnement au service de la prévention des RPS ?
Les risques psychosociaux correspondent à des situations où sont présents du stress, des violences internes ou des violences externes.
Ces risques peuvent être inhérents à l’activité. Ils peuvent aussi être générés par l’organisation ou les relations de travail.
Le collègue Gollac recense 6 principaux facteurs :
- L’intensité et le temps de travail (contraintes de rythme, clarté des objectifs, polyvalence, imprévisibilité des horaires de travail, etc)
- Les exigences émotionnelles (nécessité de maîtriser ses émotions, de les cacher ou de les simuler, être confronté à la souffrance d’autrui)
- La manque d’autonomie (marges de manœuvre, participation aux décisions, développement de ses compétences)
- Les rapports sociaux au travail dégradés (manque de soutien social, de justice organisationnelle, procédures d’évaluation peu objectives)
- Les conflits de valeurs (travail inutile, qualité empêchée)
- L’insécurité de la situation de travail (insécurité socio-économique, risque de changement non maîtrisé)
Pour prévenir ces risques, l’INRS distingue 3 niveaux de prévention :
- La prévention primaire qui permet de supprimer le risque à la source
- La prévention secondaire qui vise à mieux gérer le risque lorsque les personnes y sont confrontées
- La prévention tertiaire qui correspond à la réparation.
Le coaching est un accompagnement qui peut être utilement mobilisé en prévention des risques psychosociaux.
En prévention primaire, les principaux leviers relèvent de l’organisation du travail. A titre d’exemple, clarifier les rôles et responsabilités peut permettre d’apporter de la visibilité sur les objectifs et d’éviter les injonctions contradictoires. Néanmoins, le coaching peut s’avérer adapté, notamment pour les sujets liés aux relations de travail. Les managers ont parfois des comportements maladroits ou inappropriés. Les aider à développer leurs qualités relationnelles, à mieux percevoir les besoins de leurs équipes et à faire preuve d’assertivité permet d’améliorer les relations de travail.
Le coaching prend tout son sens en prévention secondaire. Le coach va accompagner le bénéficiaire vers l’atteinte d’un objectif global qui aura été préalablement défini. Ainsi, il va l’aider à gérer les situations sources de stress ou de violence qui ne pourraient pas être supprimées. A titre d’exemple, cela peut consister à :
- Mieux gérer ses émotions face à un client insatisfait ou une personne en souffrance (axe exigences émotionnelles)
- Prendre une décision assumée dans un contexte de tension sociale (axe conflit éthique)
- Adopter une posture responsabilisante en déléguant de manière plus appropriée (axe intensité et temps de travail)
- Choisir en conscience son orientation professionnelle (axe insécurité de la situation de travail)
Enfin, il convient de rappeler qu’en prévention tertiaire (réparation), il est préférable de mobiliser d’autres acteurs comme un psychologue ou un médiateur, selon le contexte. En effet, coacher n’est pas soigner.

