La prévention des RPS en contexte de pandémie

Stress coronavirus
Les obligations de prévention de l’employeur

Le Code du travail impose à l’employeur de prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et la protection de la santé de son personnel. Cela concerne les risques physiques mais aussi les risques psychosociaux.

A ce titre, il doit procéder à une évaluation des risques professionnels.

Le DUER doit être mis à jour chaque année et lors de toute décision d’aménagement important modifiant les conditions de travail. Cette évaluation a dû être renouvelée en raison de l’épidémie pour réduire au maximum les risques de contagion sur le lieu de travail ou à l’occasion du travail. Des mesures telles que des actions de prévention, des actions d’information et de formation ainsi que la mise en place de moyens adaptés, doivent être mises en place conformément aux instructions des pouvoirs publics.

Bon nombre d’entreprises ont pris en compte l’exposition au risque biologique. Néanmoins, la prévention des risques psychosociaux dans ce contexte est souvent oubliée.

 

Le covid 19 est considéré comme un risque biologique

Le Covid 19 est un virus. Bien que n’étant pas un agent biologique sciemment utilisé en entreprise, il constitue un risque biologique.

A ce titre, des mesures de prévention doivent être mises en place conformément aux recommandations du gouvernement : suppression ou réduction des risques à leur minimum, évaluation des risques détaillée tenue à la disposition des représentants du personnel, définition de nouveaux processus de travail, mise en oeuvre systématique de mesures de protection individuelles, etc. L’employeur doit également fournir des explications détaillées aux salariés sur l’utilisation des équipements de protection et signaler tout incident.

 

Outre les risques physiques, la période de pandémie est porteuse de risques psychosociaux (RPS)

Le « rapport Gollac » (2011), définit les RPS comme « les risques pour la santé mentale, physique et sociale, engendrés par les conditions d’emploi et les facteurs organisationnels et relationnels susceptibles d’interagir avec le fonctionnement mental »

Les causes identifiées des RPS sont admises comme étant :

·        L’intensité et le temps de travail : quantité de travail, complexité des tâches, responsabilités, etc.

·        Les exigences émotionnelles : contact avec le public, avec des personnes en souffrance, peur du travail, dissimulation, etc.

·        L’autonomie et les marges de manœuvre : monotonie des tâches, faible possibilité de développer des compétences, etc.

·        Les rapports sociaux et la reconnaissance au travail : qualité des relations avec les collègues et la hiérarchie, reconnaissance, conflits, etc.

·        Les conflits de valeurs : conflits éthiques, travail ressenti comme inutile, etc.

·        L’insécurité de la situation de travail : sécurité de l’emploi, du cadre de travail, vécu des changements, etc

Il faut également considérer les impacts sur la santé d’un déséquilibre entre :

·        Une forte demande psychologique dans le travail et les marges de manœuvre dont disposent les salariés.

·        Les efforts fournis par les salariés et les récompenses obtenues.

 

Le Covid 19 est un virus qui peut s’avérer mortel. En ce sens, il constitue un facteur de stress au travail majeur. La mise en place de mesures permettant de limiter au maximum l’exposition au virus s’avère être de fait la priorité.

La crise économique qui succède à la crise financière génère des risques sur l’emploi notamment dans les secteurs les plus sinistrés. Si des suppressions de postes ne peuvent être évitées, la façon dont sont conduits les projets et dont les informations sont communiquées va constituer un facteur de protection ou à contrario de stress supplémentaire pour les salariés. Un dialogue social riche s’avère plus que jamais nécessaire.

La pandémie a également entraîné des changements importants dans les situations de travail et le fonctionnement de l’entreprise : mise en place du télétravail, nouveaux processus, polyvalence accrue, remplacements au pied levé, réalisation de tâches ne correspondants pas aux compétences, surcharges ou sous-charges. Peu accompagnés, ces changements peuvent constituer des facteurs importants de dégradation de la santé. Cela sera d’autant plus marqué si les efforts consentis ne sont pas reconnus.

 

Mettre en place des mesures de prévention permet de réduire les risques

Les RPS peuvent entraîner des atteintes diverses à la santé mentale et physique : pathologies professionnelles comme les TMS, maladies psychosomatiques, insomnie, maladies cardio-vasculaires, accidents de travail, etc.

Ils génèrent également des dysfonctionnements affectant la performance des entreprises : absentéisme, présentéisme, mauvaise qualité du travail, difficultés avec la clientèle, tensions, etc.

La mise en place d’une démarche de prévention permet de limiter les facteurs de stress au travail. Pour cela, les entreprises devront commencer par évaluer les facteurs de risques et de régulation en termes de RPS. Cela passe par une approche structurée :

·        Constituer un groupe de travail en associant les responsables des ressources humaines,  les membres du CSE et le médecin du travail

·        Identifier les unités de travail

·      Recenser les situations d’exposition aux RPS dans chaque unité de travail. S’appuyer sur les facteurs identifiés par Gollac peut aider à structurer la démarche.

·        Les évaluer (fréquence d’exposition x gravité x maîtrise du risque)

·        Retranscrire les résultats de l’évaluation dans le DUER

·        Définir un plan d’action privilégiant les actions de prévention primaire (limiter l’exposition au risque plutôt que réparer à posteriori)

 

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